En dehors de la Casamance plus équatoriale, le Sénégal est essentiellement constitué d'étendues de savanes. Le Sahara n’est qu'à 300 kilomètres, l’eau manque désespérément et une maigre végétation tente de résister vaillamment aux constantes attaques des hommes et des animaux.

En 1994, deux promoteurs belges, Francis Dugardyn et Daniel Van Eeckhoudt firent le pari de faire reverdir un plateau aride de 70 hectares encastré au nord de la station balnéaire de Saly, à 80 km de Dakar. Construire un golf en plein Sahel: personne n’y croyait vraiment à cette folle aventure. Excepté peut-être les autorités locales, par inconscience ou visionnisme. Toujours est-il que le Ministère du Tourisme donna son aval à ce projet qui ne pouvait que redonner un sérieux coup d’éclat à la plus importante zone de villégiature d’Afrique occidentale.

Emballé par le défi et l’exotisme de la région, le liégeois Vic Bernstein, accepta d’assumer l’architecture du parcours.

Son choix fut dicté précisément pour son esprit artistique et gageur, tandis qu’une solide connaissance des parcours européens et des desiderata de leurs clients ne lui faisait pas défaut. Il s’agissait de dessiner un golf de vacances où la difficulté ne serait pas absente mais qui surtout serait agréable à jouer pour le grand public.

Une symbiose parfaite devait être réalisée entre l'architecte et les promoteurs imposant des aspects techniques inconnus dans les régions tempérées. Pas un seul des 48 arbres existants ne pouvait être abattu; le dessin ne pouvait en aucun cas gêner les accidents naturels du terrain : les orages diluviens auraient tôt fait de tout emporter. Il était indispensable de travailler dans le sens opposé de ce qui se pratique dans nos régions : au Sahel, la nature inconditionnelle finit toujours par avoir le dessus !

Le chantier s’établit donc en 2 phases : 9 trous, le practice et la première partie du club-house pour fin 1996, tandis que les 9 derniers trous furent inaugurés le 30 novembre 1998 par Tijane Sylla, Ministre du tourisme de l'époque. Ce long délai avait été imposé par l’impossibilité d’arroser simultanément le sol nu de 18 trous de surcroît, insuffisamment protégés par les brise-vent fraîchement plantés. La société française de terrassement Fougerolles s’attela à une vaste opération de chirurgie esthétique afin de remodeler la monotonie du paysage. Les puissants engins de l’entreprise travaillèrent sans relâche durant deux mois.

Aujourd'hui, 60.000 arbres et autant de plantes décoratives ont été replantés. De vastes plans d'eau ont été aménagés. Pas une goutte d'eau n'est cependant prélévée au sous-sol : les eaux usées des 12 hôtels et 800 villas qui constituent la station balnéaire sont en effet épurées avant d'être redistribuées par un réseau de 25 kilomètres de canalisations souterraines. Dès la tombée du jour, des centaines de tourniquets arrosent en permanence le sable assoiffé enrichi de milliers de tonnes de terreau tamisé dans les décharges de Dakar.